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Humans of Montreuil ep 4 :

Les Chaudronneries

Le Comptoir met en avant la vitalité de l’écosystème social et entrepreneurial montreuillois à travers une série d’entretiens.

Matthieu Marchal a fondé Les Chaudronneries à Montreuil, un lieu de recherche, d'action et de développement dédié aux enjeux sociétaux et économiques. Il regroupe des entreprises, des associations et des chercheurs dont les expertises et les actions répondent à des problématiques et contextes contemporains.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Je viens du design de communication : mon ancien métier consistait à monter des campagnes de communication pour les arts et la culture en particulier, mais aussi l’Economie Sociale et Solidaire. J’ai monté une association en parallèle il y a plus de 20 ans, avec la vocation d’accompagner les projets hors-cadre pour les aider à rencontrer leur public, les conseiller dans leur développement. J’ai donc un double héritage, entre design et accompagnement, qui m’a mené à monter le projet des Chaudronneries.

Quelle est l’idée fondatrice des Chaudronneries ?

Les Chaudronneries, c’est un lieu qui permet de nouvelles coopérations à l’échelle du territoire, qui réfléchit au développement du territoire en intégrant les notions d’inclusion et de solidarité. On ne cherche pas pour autant à imposer nos solutions, au contraire, on souhaite être une interface révélant l’existant, car sinon les habitants se voient dépossédés de leurs initiatives.

Comment appliquez-vous votre projet ?

Des professionnels de tous les métiers sont en « résidences » dans nos locaux pour 1 à 5 ans. Nous les faisons travailler ensemble et avec le territoire. L’idée, c’est de favoriser les échanges entre des métiers de différents secteurs, du boulanger au spécialiste de la petite enfance, en passant par le designer, l’urbaniste, l’apiculteur, l’architecte, l’agronomiste. Tout le monde accompagne tout le monde, sans hiérarchie.

Comment favorisez-vous ces échanges entre des personnes aux corps de métiers éloignés ?

Nous animons des temps de rencontre trois fois par mois pendant lesquels les résidents vont travailler ensemble. Le dernier portait par exemple sur le traitement médiatique des flux migratoires. Dans ce cadre, les gens travaillent à imaginer des solutions, ils commencent à se connaitre, échangent leur savoir, et commence à produire. C’est de la médiation par le design qui favorise le partage de savoir et savoir-faire. Les gens ne sont pas là pour se vendre des choses mutuellement mais pour s’apprendre des choses. On parle alors de codéveloppement.

Au-delà de ces ateliers, les résident travaillent-ils ensemble ?

Oui, nous montons concrètement des projets ensembles en répondant à des marchés publics. Ainsi, un boulanger peut travailler avec nous sur un projet qui n’est pas de l’ordre de la boulangerie, en s’inspirant, s’il est engagé écologiquement, de l’écologie du pain pour résoudre un problème par exemple. La coopération sociale est le deuxième pôle d’action des Chaudronneries.

Quel est le dernier pôle que vous avez développé sur place ?

Nous avons monté un groupe de recherche composé d’universitaires, intitulé « Pour de curieuses économies ». L’étymologie du mot curieux vient de curatif, il s’agit donc de prendre soin, faire des économies qui prennent soin. La question de l’équité économique est primordiale pour nous, car les tiers lieux et espaces de coworking peuvent vite être trop chers pour des jeunes entrepreneurs.

Si vous deviez mettre un lieu de Montreuil en avant ?

Le centre social Grand-Air, au cœur du Quartier Politique de la Ville du "Bel Air

Grand-pêchers". Son équipe travaille dur pour répondre aux besoins du quartier, de ses habitants et acteurs locaux, tant sur des questions d'animation locale que sur des questions sociales, de difficultés d'emploi et d'orientation des jeunes, de vivre ensemble, etc... Leur travail au quotidien est d’une nécessité absolu dans la perspective d'un développement territorial heureux et soucieux de chacun.

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